© Pascal Rapoport


Vous êtes atteint d'une cataracte responsable de vos troubles visuels. Votre ophtalmologiste vous propose l'opération, car la chirurgie constitue le seul moyen d'améliorer votre vision.
Cette fiche contient l'information sur l'opération qui vous est proposée, sur ses résultats et sur ses risques.


La cataracte


Elle correspond à une altération optique et/ou anatomique du cristallin, lentille de forte puissance située à l'intérieur de l'oeil (objectif d'un appareil photographique) jouant un rôle important dans la vision et l’accommodation chez le jeune, c’est-à-dire le passage de la vision de loin à la vision de près.
Pourquoi opérer la cataracte ?
Parce qu’il n’existe pas de traitement médical (collyres, médicaments) pouvant guérir une cataracte. En l'absence d'opération, l'opacification évolutive du cristallin pourra conduire à une diminution croissante de la vision, et à une perte de votre autonomie. De plus, l'augmentation de volume du cristallin vieillissant pourrait être source d'une élévation de la pression intra-oculaire.


L'opération de la cataracte


L'intervention est réalisée alors que le patient est installé sur le dos, en milieu chirurgical stérile et sous microscope. Elle représente un geste chirurgical majeur, car elle consiste à inciser l'oeil et à en extraire l'un de ses éléments internes, le cristallin.
Hospitalisation
Une immobilisation minimale appropriée est nécessaire. Le mode d'hospitalisation adapté à votre cas vous sera proposé par votre ophtalmologiste.
Anesthésie
L'oeil est insensibilisé uniquement par l'instillation de gouttes ou éventuellement par des injections autour de l’oeil. Une anesthésie générale est également possible. Le choix de l'anesthésie est décidé entre l'anesthésiste et l'ophtalmologiste qui tiennent aussi compte de vos souhaits.
L’intervention
Le chirurgien a recours à l’instrumentation qui lui semble la mieux adaptée. L'extraction du cristallin est réalisée par une sonde passant par une petite incision et peut-être assistée par laser. Le sac contenant le cristallin (la capsule) est laissé en place. Il est exceptionnel de procéder à l'extraction de l’ensemble du cristallin et de la capsule.
Implantation d'un cristallin artificiel (implant intra-oculaire)
Le cristallin est remplacé par une lentille synthétique placée derrière la pupille. L'incision de l'oeil est suturée ou non.
Incidents ou difficultés peropératoires
Ils sont rares et imprévisibles mais peuvent modifier le déroulement de l’intervention. La principale complication est la rupture de la capsule (moins de 5% des cas). Elle conduit parfois à placer l'implant devant la pupille, voire à renoncer à toute implantation. Il peut être nécessaire d'enlever un petit fragment de l'iris et/ou de procéder à l'ablation d'une partie du vitré dans le même temps ou dans un second temps. L'extraction de la cataracte est parfois incomplète et peut imposer une reprise chirurgicale.
Les Implants intra-oculaires disponibles
Le choix, discuté avec votre chirurgien, sera fondé sur les caractéristiques fonctionnelles et anatomiques de vos yeux, ainsi que sur vos besoins visuels.
Les différentes catégories se rangent entre monofocaux, multifocaux, accommodatifs et toriques (voir
fiche N°01B).


L'évolution post-opératoire habituelle


Dans la très grande majorité des cas (95%), l'oeil opéré de cataracte est indolore. La vision s'améliore
très rapidement et une correction adaptée par lunettes peut être prescrite au bout de quelques
semaines. La présence d'autres lésions de l'oeil (glaucome, rétine...cicatrices ou maladie cornéenne)
peut limiter la récupération visuelle. Les soins locaux sont réduits à l'instillation de gouttes, à
l'application d'une pommade et au port d'une protection oculaire selon des modalités et durant une
période qui vous seront précisées par votre chirurgien. Il est parfois nécessaire de procéder à
l'ablation de fils de suture. L'activité professionnelle, l'utilisation de machines ou d'instruments
dangereux, la conduite automobile sont déconseillées pendant une période limitée qui sera définie par
votre ophtalmologiste. Dans plus de 30 % des cas, il se produit, au cours des années qui suivent
l'intervention, une opacification de la capsule: c'est la "cataracte secondaire" responsable d'une
nouvelle baisse de vision. Le traitement consiste à réaliser une ouverture de la capsule par laser ou
par chirurgie. Une sécheresse oculaire plus ou moins durable peut survenir, se traduisant par une
gêne oculaire à type de sensation de corps étranger, picotements, brûlure, larmoiement réflexe
paradoxal. La perception de mouches volantes est aussi possible.
Les complications post-opératoires de l'opération de la cataracte
Bien qu'elle soit parfaitement standardisée et suivie d'excellents résultats, l'opération de la cataracte
n'échappe pas à la règle générale selon laquelle il n'existe pas de chirurgie sans risque. Il n'est donc
pas possible à votre ophtalmologiste de garantir formellement le succès de l'intervention.
Les complications sévères de l'opération de la cataracte sont très rares. Elles peuvent nécessiter une
réintervention et aboutir, dans les cas les plus extrêmes, à la perte de toute vision de l'oeil opéré, voire
à la perte de l'oeil lui-même. Il s'agit des infections (moins de 1 cas sur 1000), du traumatisme de l'oeil
par le patient ou son entourage, du décollement de la rétine, du trouble de la cornée, de déformation
pupillaire, de l'extraction incomplète de la cataracte, du déplacement du cristallin artificiel, d'un
oedème rétinien maculaire. Enfin l’hémorragie est une complication grave rarissime.
D'autres complications sont moins sévères, comme la cicatrice insuffisamment étanche, une chute
partielle de la paupière supérieure, un hématome du blanc de l'oeil ou de la paupière, ,une sensibilité
accrue à la lumière, une inflammation de l'oeil, l'augmentation de la pression intraoculaire, la
déformation de la cornée (astigmatisme), une vision dédoublée. L'erreur de calcul de la puissance du
cristallin artificiel est rare, compte tenu de la précision des systèmes de mesures utilisés
systématiquement avant l'intervention. Elle peut éventuellement nécessiter une réintervention.
Votre ophtalmologiste est disposé à répondre à toute question complémentaire que vous
souhaiteriez lui poser.

• Fumer augmente le risque de complications chirurgicales de toute chirurgie.
• Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l'intervention élimine ce risque supplémentaire.
Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne
Tabac-Info-Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre
côté.
Ces fiches nationales ont été créées sous l'égide de la Société Française d'Ophtalmologie (SFO) et du Syndicat
National des Ophtalmologistes de France (SNOF) avec l’aide de la Société de l’Association Française des
Implants Intraoculaires et de la Réfraction (SAFIR)